Prémices de QoX

QoX en fouilles …

Si vous êtes passé sur le Plateau dans la zone dite QoX de Palaiseau (quartier ouest de Polytechnique), vous avez pu apercevoir de longues tranchées au sud de la RD128.

Non, ce n’est pas le début d’un parc sur le thème de Venise comme pourrait le laisser penser le taux d’humidité, mais effectivement, une des premières phases nécessaires à une zone d’aménagement, à savoir les fouilles archéologiques de sauvetage.

Cela soulève de multiples interrogations légitimes, vu les positions, les promesses de tous les bords politiques, faites sous les feux des médias. Que nous préparent les services techniques mandatés pour l’OIN (opération d’intérêt national), et du pré carré de la CAPS , qui labourent dans le silence assourdissant des agneaux …

Mais qui est au courant de ce qui se passe ?

Effectivement, pour le citoyen, difficile d’avoir une information claire sur le sujet :

- bien sûr le PLU, voté en juillet 2006, prévoit l’urbanisation de ce secteur (voir le dossier) ;

mais aucune réunion publique n’a, depuis, donné d’informations sur l’évolution de ce secteur ;

- certes les services de la CAPS ont fait des études,

mais aucune majorité ne s’est dégagée pour approuver un schéma d’ensemble sur ce secteur et aucun débat, ni en commission, ni au bureau, ni au conseil n’a eu lieu, ni sur une proposition de projet, ni sur des résultats d’études.

La réalisation des fouilles a donc été pour nous une alerte pour faire le point sur le dossier

Lors du vote du PLU, la réalisation de cette zone devait être portée soit par la ville, soit par la CAPS, dans une vision d’ensemble.

Nous souhaitions et nous souhaitons toujours des ateliers d’urbanisme non seulement sur QEX (quartier à l’Est de Polytechnique) où ils ont été lancés, mais aussi sur toutes les opérations d’importance avec, bien sûr, la complète implication sur les projets, des élus municipaux, de la CAPS, des Conseils de quartier et des associations.

Qui réalise ces fouilles ?

Il semblerait que ce soit l’établissement public d’aménagement AFTRP : (établissement public d’aménagement urbain et opérateur foncier, voir leur site ). Cet établissement est, pour faire très court, le bras armé de l’Etat en matière d’aménagement. Il se serait, de plus, porté acquéreur des 40 hectares palaisiens de QoX vendus par les ministères. En clair, l’Etat vend à l’Etat.

Sur quel projet ?

Plaquette promotionnelle QoX secteur Sud

Lors d’un salon d’aménageurs, l’AFTRP a diffusé un document dont nous avons pu nous procurer un exemplaire présenté ci contre.

Le logo CAPS est présent sur ce document qui n’a pas été, semble-t- il, transmis à l’ensemble des élus de la CAPS, ni aux élus de la mairie de Palaiseau. Un projet a été déposé au service de l’urbanisme de Palaiseau, mais il n’ a fait l’objet d’aucun débat ni présentation.

Nous avons donc un projet d’aménageur, mais sur quel projet politique et économique ?

Est-ce un projet suite à l’étude internationale lancée pour l’OIN sur l’ensemble du secteur à l’intérieur duquel le Plateau de Saclay se trouve impliqué, ou un simple moyen pour l’Etat de renflouer ses caisses ?

Bien sûr, comme tous les projets actuels, il est flanqué de tous les termes à la mode, HQE, écolo-ci, écolo-là, mais les paillettes de la communication ne suffisent pas à obtenir une réalisation réellement « soutenable « au sens environnemental et sociétal du terme. Une conception organisationnelle d’ensemble, en amont, et des impositions dans les cahiers des charges techniques sont indispensables.

Pourquoi la CAPS ne préempte-t-elle pas pour affirmer sa volonté de maîtrise du secteur ?

La question reste posée, même si l’Etat a les moyens d’imposer la vente à l’AFRTP, une telle préemption pourrait être un moyen d’inviter tout le monde au débat. Il s’agit, de toute façon, de la première intervention directe de l’Etat pour prendre la main sur le secteur, sans, il faut le dire, beaucoup de réactions des élus locaux …

L’Etat démarre les travaux et la commercialisation mais qui donne les orientations pour ce secteur et qui est vraiment le décideur ? Il est malheureux que ce flou volontaire empêche un vrai débat sur le Plateau, laissant la place, ainsi, à toutes les suspicions …

Mais alors, à quoi servent les outils de la CAPS ?

La création d’une agence d’urbanisme est en cours d’étude par l’ensemble des communautés de villes du secteur concernées par l’OIN, ( dont la CAPS). C’est elle qui devait, en principe, servir d’outil de coordination au GIP (organisme de gouvernance de l’OIN mis en place par l’Etat).

La CAPS a, par ailleurs, lancé ou adhéré à de nombreux outils (études d’urbanisme — société d’économie mixte à majorité pour la CAPS, et à participation minoritaire de la société d’économie mixte du département de l’Essonne — convention avec l’agence foncière de la région Ile de France — participation au GIP pour la gouvernance de l’opération d’intérêt national — etc … ). Une accumulation complexe et vulnérable, qui semble encore plus fragilisée par l’Etat qui, en choisissant un opérateur extérieur, donne ici un mauvais signal.

Les nombreux outils de la CAPS ne serviront à rien si l’aménageur de l’Etat prend la main en direct.

Quelles conséquences financières pour la préservation d’un poumon vert sur le Plateau ?

Comment l’Etat, en réalisant dans son coin une première opération, peut -il prétendre faire partager la cohérence d’aménagement d’un secteur aussi vaste, au moment où il remet en cause la révision du SDRIF obtenue dans la concertation par la région Ile de France ? La tentation peut être grande de réaliser un maximum de bénéfices aux dépens d’un projet d’ensemble, en faisant du coup par coup. L’aménageur qu’il devient peut ainsi se désintéresser de la partie verte du Plateau, ne laissant qu’un chiffre théorique de préservation de + 2000 ha, sans outils ni moyens pour le faire vivre.

De plus, l’AFTRP va certainement démarrer une nouvelle étude pour le secteur qui va s’empiler sur les précédentes et donc de nouveau ajouter des dépenses inutiles….

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