Sept. 2015 : Enquête publique chemin du Rocher de la Vauve

Une nouvelle enquête publique se déroulait jusqu’au 19 septembre pour le déclasssement du Chemin du rocher de la Vauve à Palaiseau. Une procédure étonnante lorsque l’on sait que l’Etablissement public Paris Saclay n’a pas attendu les résultats de cette enquête pour modifier les tracés de voirie et permettre la construction d’une résidence étudiant sur une parcelle non encore libérée de ces emprises !

Déjà épinglé lors de l’enquête sur le Contrat de développement territorial, rejeté par le commissaire enquêteur, en premier lieu pour un dossier de présentation manquant de lisibilité et comportant un nombre important d’erreurs matérielles, l’EPPS ne fait pas beaucoup mieux cette fois-ci.

Ci-dessous, l’avis que nousa vons déposé sur le registre d’enquête :

Page 6 de la note de présentation, il est indiqué : « (…) le Contrat de Développement Territorial du Plateau de Saclay (…) a été validé par ses signataires (communes, Communauté d’Agglomération du Plateau de Saclay, Conseil général de l’Essonne, Région Île-de-France) en septembre 2013 et porté en enquête publique du 17 novembre 2014 au 15 janvier 2015. Le rapport de la Commission d’enquête est prévu en avril 2015. Le CDT sera ensuite soumis à l’approbation de l’ensemble de ses collectivités signataires pour signature en 2015. »

Le mois d’avril 2015 étant largement passé, il conviendrait que cette phrase soit écrite au passé. On pourrait également légitimement penser que le texte actualisé préciserait que le Commissaire enquêteur a rendu, fait rarissime, un avis défavorable au CDT et qu’une nouvelle enquête publique complémentaire est annoncée pour l’automne prochain… Mais peut être que l’EPPS préfère ignorer ses échecs. Dommage, puisque le Commissaire enquêteur déplorait –déjà- l’imprécision de nombreux documents et le manque de transparence… autant de qualités que cette nouvelle enquête, très technique, de déclassement de voirie reproduit avec les mêmes errements, ce qui est démocratiquement inadmissible.

Page 10 de la note de présentation, il est indiqué : « Historiquement, les arrivées d’établissements sur le sud du plateau se sont faites au coup par coup. Les premiers arrivés ont eu l’ambition d’organiser l’espace de leur campus autour de leurs seules implantations. Chaque établissement a donc été pensé de manière autonome et a anticipé la totalité de ses besoins sur sa parcelle. Pour répondre aux extensions futures, tous ont prévu de grandes réserves foncières ».

A quoi bon utiliser dans un document de concertation des affirmations fausses, puisque, pour l’exemple de Palaiseau, tous les enfants des personnels et cadres de l’école Polytechnique sont scolarisés (maternelle, primaire, collège et lycée) dans les établissements de la ville à plus de 2 km de leur logement, que l’école Polytechnique a des places de crèches à Lozère (soit 4 km via le chemin de la Vauve et la rue Ch Gounod), que tous ces permanents, mais aussi les élèves sont nombreux à fréquenter le conservatoire, les associations sportives, etc. Donc non, ils ne vivent pas en autarcie et de façon autonome. Rappelons que tous ces aménagements (Polytechnique, ENSTA, ONERA, Danone-Vitapole) ont été réalisés sous forte injonction (et totale participation financière) de la puissance publique (ministère de la Défense, Préfet) imposant systématiquement aux élus locaux l’acceptation de ces projets, y compris pour les organismes privés (Danone Vitapole) : comment oser ainsi dénoncer un tel manque de lucidité et de claivoyance ?

Concernant le déclassement objet de cette enquête, il est indiqué (Page 24) que « Le chemin du Rocher de la Vauve se trouve au coeur de plusieurs projets immobiliers et d’aménagement menés en 2015/2016 sur le quartier de l’Ecole polytechnique : – Les boulevards « boulevard Sud» et « boulevard de la Vauve», tous deux issus du réaménagement de la Route Départementale 128, sont réaménagés afin d’intégrer l’ensemble des réseaux et d’installer des trottoirs et pistes cyclables. Ce réaménagement permettra également d’assurer l’accueil de l’Institut Mines Telecom et la desserte nécessaire au coeur du quartier à proximité de la future gare de métro ».

L’EPPS précise que son schéma viaire permettra d’assurer la desserte « à proximité » de la future gare de métro. La Société du Grand Paris n’ayant pas encore acté l’implantation des gares (ni d’ailleurs le tracé définitif), l’EPPS réalise un schéma ambitieux… sans en maîtriser les principales composantes. Cette précipitation aura pour conséquence des travaux successifs, une imperméabilisation inutile des sols et des surcoûts lorsque de nouveaux tracés seront rendus nécessaires par les implantations définitives.

Une nouvelle fois, le calendrier d’aménagement de la frange sud (d’abord des constructions d’établissements de grande ampleur, puis certains services mutualisés, puis la voirie et aux environs de 2025, des transports collectifs calibrés aux besoins) et l’avancée à marche forcée des projets de l’EPPS semblent inéluctables…mais totalement irrationnels.

 

Page 24, l’EPPS indique que « Les travaux du boulevard Sud et du boulevard de la Vauve actuellement en cours, ont déjà de facto désaffecté la partie nord de la voie communale. »

Le commissaire enquêteur peut-il légitiment cautionner une enquête publique dès lors que l’aménageur indique expressément avoir d’ores et déjà « de facto » considéré pouvoir agir comme si les résultats de la concertation étaient acquis d’avance ?

Il s’agirait d’un projet privé, l’Etat se ferait fort d’obliger l’aménageur à sursoir aux travaux, voire à procéder à la remise en état initial et la compensation des dégradations, tant que la procédure d’enquête n’est pas aboutie. Gageons que la même exigence de respect des lois sera appliquée pour que l’exemplarité que l’on peut attendre de tout acteur public soit de mise.

Enfin, s’agissant d’un déclassement de voirie communale, il reste à s’intéresser au fond du projet à savoir les nouveaux aménagements de voirie proposés et qui seront rendus possibles à l’issue de l’enquête publique.

-          On notera d’abord, que le dossier de présentation semble totalement ignorer que le chemin du Rocher de la Vauve pour lequel est demandé le déclassement constitue la seule voie nord-sud permettant une liaison Plateau/Vallée sur toute la frange sud du Plateau de Saclay sur la commune de Palaiseau.

-          Le dossier de présentation ne comporte aucune indication sur le trafic actuel (comptage de véhicules) permettant d’apprécier l’impact de projet.

Trois plans figurant dans le dossier de présentation devraient nous éclairer sur l’aménagement futur

On s’aperçoit, bien au contraire, qu’en l’absence de toute autre explication, il est impossible de savoir :

  1. la situation qui résultera du déclassement, en particulier, quel sera le mode d’insertion sur le bd des maréchaux sud (giratoire ou carrefour à feux) ?
  2. comment sera assurée l’insertion des circulations douces annoncées depuis et vers le chemin du rocher de la Vauve et le nouveau réseau (Bd de la Vauve[1] et Bd Maréchaux sud), et comment ont été prises en compte les recommandations sur la continuité des réseaux cyclables (cf.. recommandations CERTU/ministère du développement durable) ?
  3. y a-t-il un choix de limiter le « déversement » de trafic du Nord vers le Sud, avec une volonté (ou non) de dissuader l’usage du Chemin du rocher de la Vauve/rue Charles Gounod comme une voie de rabattement ou d’évitement, eu égard au calibrage de ces voiries ?
  4. enfin, le déclassement de la voirie devant être suivi d’un réaménagement, aucune indication sur les surfaces imperméabilisées (compensations) ou le retraitement des déchets (dépollution) n’est apportée par l’EPPS…

Pour toutes ces raisons, nous demandons au commissaire enquêteur d’exprimer un avis négatif et de demander à l’EPPS de produire, à l’occasion d’une nouvelle enquête, des documents sincères, exacts et éclairants.


[1] La dénomination des voies relèvant –encore- des délibérations du Conseil municipal, le terme « Bd de la Vauve doit être une « suggestion » de l’EPPS ?

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